Biodiversité

Espaces Naturels Sensibles et Vie des Territoires: Les espaces naturels sensibles en Aveyron

   07 Sep

Pour l’amour du marais de Montaris…

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Histoire d’une restauration réussie !

Le marais de Montaris, est situé sur la commune de Salles-Courbaties. Il est l’un des rare marais alcalin du département de l’Aveyron. Cette rareté, n’a d’égal que l’amour que les habitants de la commune lui portent, au point de le considérer un peu comme un membre de la famille. Depuis de nombreuses années, les habitants déploraient l’évolution du marais et sa fermeture croissante liée au développement des peupliers. Aussi, grâce a l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et au classement en Espace Naturel Sensible du Conseil Départemental de l’Aveyron un grand projet de restauration du marais a été mis en place. C’est ainsi, que le Syndicat Mixte de la Diège à confié au bureau d’étude Rural Concept la réalisation d’un plan de restauration. Le constat était pour le moins simple, partout ou le marais était géré extensivement par le pastoralisme, il avait conservé ses lettres de noblesses biologiques. En revanche, là où les peupliers avaient été plantés les perturbations étaient devenues évidentes. Seules quelques rares trouées autorisaient l’expression d’une flore typique des roselières et de la flore des marais. Cependant, le marais faisait encore de la résistance et il n’en fallait pas plus pour que le Syndicat Mixte de la Diège et Rural Concept sentent battre le cœur du marais de Montaris au point de croire en sa capacité de résilience. Il ne faut pas se méprendre, si la volonté de donner un coup de pouce est née de ce constat empirique, des journées de prospections ont été nécessaires pour comprendre le fonctionnement du marais. Largement épaulés par le Conservatoire Botanique National des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, L’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage le projet à pris forme. Chaque structure à apporté son avis et son expérience. Il faut dire que le Marais de Montaris fait partis des rares sites de Midi-Pyrénées à héberger encore la belle Renoncule langue (Ranunculus lingua). On comptait, bon an mal an plus de 20 pieds dans la partie amont du site. Aussi, les travaux ne devaient en aucun cas porter atteinte à cette plante protégée. C’est ainsi qu’un projet de restauration basé sur deux piliers  a été proposé à l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et au Conseil Départemental de l’Aveyron:

  • la coupe et l’enlèvement des peupliers
  • la restauration du fonctionnement du marais.

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Les longues heures passées à arpenter le marais autorisaient une vision claire des travaux à réaliser et des objectifs à atteindre. Cependant, prudence étant mère de sureté, les travaux ont débuté par une phase test sur la partie aval en 2013. S’est ainsi, que la première tranche de travaux a vu la coupe et le débardage des peupliers. Dans la foulée, le drain central a été équipé d’un bâtard d’eau. La disparation des peupliers, éternels assoiffés et la pose d’un barrage seuil ont permis une remontée de l’eau de plus de 30 cm de hauteur là où elle n’affleurait plus qu’après de très gros épisodes pluvieux. Le marais avait retrouvé l’eau, sa raison d’exister. A ce stade, on pouvait craindre surtout que les peupliers rejettent massivement de souche et que des travaux complémentaires soient nécessaires pour les contraindre à tirer leur révérence. Le maître d’ouvrage a donc misé sur la mise en eau du marais, « organisant » des inondations hivernales et printanières pour ennoyer les souches et combattre les velléités des peupliers. Ce fût en succès. Certes deux ans après les travaux quelques souches ont réussi à émettre des rejets, quelques saules, ont fait leur retour, mais absolument rien d’alarmant. La deuxième tranche pouvait alors commencer. Se sont des centaines de mètres cubes de bois qui ont été coupés et pour lesquels il fallait trouver une destination. Qu’a cela ne tienne il a été décidé de proposer aux habitants de Salles-Courbaties de venir se servir gracieusement en bois de chauffage, de prendre tout ce qu’ils voudraient emporter. Les stocks ont fondu comme neige au soleil. Le bois exporté, des troncs de peupliers disposés sur le sol, perpendiculairement à la pente ont fait office de barrages seuil. La partie amont du marais en eau, il ne restait plus qu’a attendre tout en appliquant les recettes qui avaient fait le succès de la première tranche.

Les résultats, ont été au-delà de toutes les espérances. La flore des roselières à d’abord colonisé les zones ou l’eau affleurait pour s’étendre progressivement vers les parties inondés ne parvenant pas (encore) à coloniser les pièces d’eau les plus profondes et les ornières laissées par les engins qui font actuellement le bonheur de la grenouille verte, du Triton palmé et du Triton marbré. Et la Renoncule dans tout ça ? Là aussi, le succès fut au rendez-vous. La population initiale, estimée à une vingtaine de pieds à tout simplement été multipliée par 100. En 2015, se sont en effet, plus de 2000 pieds de Renoncule langue qui ont colonisé la partie aval du marais… C’est tout simplement exceptionnel. Le Marais de Montaris à répondu présent pour offrir aujourd’hui en guise de remerciement la plus grande station à Ranunculus lingua de Midi-Pyrénées et plus de 30 ha de roselière.

 

Rémi Garrigou (Syndicat Mixte de la Diège) et Nicolas Cayssiols (Rural Concept).

 

Grande douve


   02 Sep

La tourbière des Rauzes sur France 3

L’adasea et Rural Concept ont été interviewés par France 3 région pendant les suivis de l’Azuré des mouillères sur la tourbière des Rauzes l’un des Espaces Naturels Sensibles aménagés par le Conseil Départemental de l’Aveyron
Pour visualiser l’édition du 31/08/2015 :
http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/emissions/jt-local-1920-quercy

( à 4 min 40)


   25 Août

Layrou a eu chaud !

Gypaète barbu Layrou (4)

Lâché en 2013 sur l’Espace Naturel Sensible des gorges du Trévezel (commune de Nant), Layrou avait depuis quelques mois des envies d’évasion…Après avoir passé 4 jours dans la rade de Brest, il entame le 5 juin un retour vers les grands-causses. Alors qu’il survole le département du Lot, il est victime d’un tir volontaire au plomb. Ce n’est que le 16 juin qu’une équipe de la LPO et du Parc des Cévennes le récupère extrêmement affaibli grâce à sa balise GPS. Il subit quelques heures après une opération chirurgicale et on lui prodigue des soins durant plusieurs jours.

Il est ensuite placé dans une volière sur le site de Cassagnes (causse Méjean) pendant 5 semaines, puis sur le site de Meyrueis, là où quelques jours plus tôt Jacinthe et Adonis ont pris leur envol.

C’est là qu’il retrouve enfin le plaisir de voler, sur de courtes distances dans un premier temps, puis progressivement vers les plus hautes altitudes.

On peut vraiment dire que Layrou est un miraculé !

Layrou et son os

Depuis sa récupération, une enquête préliminaire de l’ONCFS du Lot est en cours pour identifier l’auteur de cet acte inacceptable et illégal. La LPO dépose plainte contre X pour infraction de mutilation d’espèce protégée avec intention de le détruire (délit réprimé de 15.000 € d’amende et un an d’emprisonnement).

Le Conseil général de l’Aveyron est un partenaire important du projet de réintroduction du Gypaète barbu dans les grands-causses, qu’il accompagne et finance depuis 2012.

Pour en savoir plus : http://rapaces.lpo.fr/gypaete-grands-causses